Les microphones
Le microphone universel n’existe pas : le choix dépend toujours de la source à enregistrer, de l’environnement et du résultat recherché.
Un microphone est un transducteur : il transforme les variations de pression de l’air produites par le son en un signal électrique.
Il existe plusieurs technologies de microphones :
Dynamiques

Statiques ou à condensateur

À ruban

La directivité
Les micros, outre leur type, peuvent avoir des directivités différentes. Il y en a trois principales à retenir.
Cardioïde
Le micro cardioïde est celui qui nous servira probablement le plus souvent. Il capte le son principalement face à la capsule.

Hypercardioïde
L’hypercardioïde est une directivité plus resserrée que la cardioïde. Elle permet de mieux isoler une source située devant le microphone et de réduire davantage certains sons provenant des côtés.
Attention : un microphone hypercardioïde possède également une petite zone de sensibilité à l’arrière. Son orientation doit donc être choisie avec soin.

Omnidirectionnel
Le micro omnidirectionnel va capter de manière égale le son à 360 degrés autour de la capsule.

Il existe également des microphones spécialisés destinés à des usages particuliers. Un hydrophone permet par exemple d’enregistrer les sons transmis dans l’eau, tandis qu’un microphone de contact capte directement les vibrations d’un objet ou d’une surface. Le choix du microphone dépend donc à la fois de la source, de l’environnement et du type de son que l’on souhaite enregistrer.
L’enregistreur
Depuis l’avènement du numérique, de nombreux appareils permettent d’enregistrer du son : ordinateur, téléphone, tablette, appareil photo, caméra ou enregistreur dédié.
Pour une prise de son exigeante, un enregistreur dédié offre cependant beaucoup plus de contrôle : entrées pour microphones externes, réglage précis du gain, écoute au casque, enregistrement de plusieurs pistes et choix des formats.
Le choix de l’enregistreur influence les possibilités de captation, mais la qualité finale dépend également du microphone, de son placement, de l’environnement et des réglages utilisés.
Microphones & entrées
La qualité du ou des microphones, s’il y en a. Certains enregistreurs ne sont pas munis de microphone, il faut en brancher un. D’autres en possèdent généralement deux, positionnés de manières à obtenir une prise stéréo. De plus on trouve souvent des entrées jack ou XLR supplémentaires pour ajouter d’autres micros ou remplacer ceux d’origine. Certains appareils permettent d’enregistrer 4 pistes en simultané, voire plus.
Convertisseurs
Le microphone produit un signal électrique analogique. L’enregistreur utilise un convertisseur analogique-numérique pour mesurer ce signal et le transformer en données numériques.
La qualité des préamplificateurs et des convertisseurs participe à la qualité de l’enregistrement, avec le microphone, son placement et les conditions de prise de son.
Résolution
Le choix parmi différents taux d’échantillonnage et de quantification.



Prise de son
stéréophonique
Il est fréquent d’utiliser la prise de son stéréo pour donner une sensation de largeur, d’espace et de position des sources.
Les canaux gauche et droit enregistrent des informations légèrement différentes. Lorsqu’ils sont reproduits sur deux enceintes ou au casque, ces différences permettent de créer une image stéréo et de donner une sensation de spatialisation.
Le couple XY
Très simple à mettre en place, la technique XY utilise deux microphones directionnels dont les capsules sont placées au plus près l’une de l’autre et orientées selon un certain angle.
Un angle d’environ 90° constitue un bon point de départ.
Comme les deux capsules sont pratiquement au même endroit, cette technique limite fortement les décalages temporels entre les deux signaux et offre une très bonne compatibilité mono.
Augmenter l’angle permet généralement d’élargir l’image stéréo. Un angle trop important peut cependant rendre le centre moins présent ou donner une image stéréo moins naturelle.

Le couple ORTF
La technique ORTF a été développée au début des années 1960 par des ingénieurs de la radiodiffusion publique française.
Elle permet d’obtenir une image stéréo naturelle et généralement plus large qu’un couple XY, tout en conservant une bonne présence au centre.
La configuration ORTF utilise deux microphones cardioïdes espacés de 17 cm et orientés avec un angle de 110°.
Contrairement au XY, les capsules sont espacées : la stéréo est donc créée à la fois par des différences de niveau et de temps entre les deux microphones.

Il existe une multitude d’autres techniques comme le montage AB, DIN, NOS ou le stéréo MS pour les plus connus. Chacun donnera des résultats différents avec ses avantages et inconvénients.
Ces montages constituent des points de départ fiables, mais il faut toujours adapter la prise de son à la source, au lieu et au résultat recherché.
Avant l’enregistrement définitif, écoutez toujours le résultat au casque pour vérifier la largeur stéréo, le centrage des sources et l’absence de problèmes évidents.
Une image stéréo mal équilibrée ou présentant des problèmes de phase peut être difficile à corriger complètement en post-production.
Comme toujours en prise de son, il vaut donc mieux obtenir le résultat le plus juste possible dès l’enregistrement.
La séance
d’enregistrement
Une prise de son, que cela soit pour du bruitage ou une captation de voix lors d’un tournage, ne s’improvise pas. Cela demande une grande capacité d’anticipation.
Pour chaque plan
- Combien y’aura-t-il de sources à enregistrer ?
- Faudra-t-il un enregistrement en mono ou en stéréo ?
- Est-ce qu’il faudra enregistrer avec une perche ou via des micros cravate (ou les 2) ?
- Dans quel(s) lieu(x) se déroulera le tournage ?
- Faudra-t-il être mobile ou la scène sera-t-elle filmée en plan fixe ?
Les réponses à ces questions vous permettront de préparer correctement votre paquetage sans oublier quoi que ce soit, ni transporter de choses totalement superflues. Car quand on doit être très mobile, avoir un sac le plus léger possible est un plus.
Avant tournage
- Inventaire et test du matériel : enregistreurs, micros, câbles.
- Vérification des batteries.
- Plan du tournage et contacts.
Pour l’exercice
Avant toute chose, réfléchir à l’intention. Établir une liste exhaustive et détaillée des sons à enregistrer en rapport avec le projet.
Technicien·ne
Cette personne est en charge de la partie technique. Elle sera donc aux commandes de l’enregistreur.
Avant la prise de son, régler le gain d’entrée. Observer le vu-mètre pendant les essais : pour nos exercices, les crêtes peuvent se situer autour de –12 dBFS, afin de conserver une marge de sécurité.
Si le signal sature malgré un gain très faible, utilisez l’atténuateur de l’entrée s’il existe ou éloignez légèrement le microphone de la source.
Lorsque « moteur » est prononcé, s’assurer que le silence est respecté, lancer l’enregistrement, répondre « ça tourne » et lire le nom du fichier affiché. Attendre « coupez » pour arrêter.
Porter un casque et s’assurer de la bonne qualité de prise de son. En cas de doute, réécouter et réclamer une deuxième prise si besoin.
Manipulateur·rice
Cette personne a la responsabilité de la manipulation.
S’il s’agit de sons bruts — tout sauf dialogue — son rôle sera de créer les sons en direct en marchant, tapant, actionnant des objets, avec la voix, etc.
Quand « action » est prononcé, attendre 2-3 secondes puis exécuter l’action sans hésiter, avec un volume raisonnable. Une fois le son réalisé, rester immobile et respecter encore le silence pendant 2-3 secondes, jusqu’à « coupez ».
Preneur·euse de son
Cette personne a la responsabilité de la captation. Elle manipule le ou les microphones en s’assurant de leur bon positionnement en fonction des particularités de l’environnement et de la scène.
C’est le perchiste sur le tournage.
Porter un casque et s’assurer de la bonne qualité de prise de son.
Réalisateur·trice
Cette personne est responsable du bon déroulement de l’enregistrement et de l’organisation des prises.
- Imposer le silence avant les prises.
- Dire « moteur » pour lancer l’enregistrement.
- Éventuellement dire « action ».
- Après l’action, attendre 2-3 secondes puis dire « coupez ».
- Noter le nom du fichier et un descriptif. Exemple : « STE-005 : bruit de pas, bottes sur moquette, prise 2 ».
Quelques secondes de silence avant et après chaque son facilitent considérablement l’édition et le nettoyage.
Pour résumer
Format souhaité : ici stéréo, 48 000 Hz, 24 bits. Régler le gain d’entrée au casque et au vu-mètre, avec des crêtes autour de –12 dBFS pour conserver une marge de sécurité.
Le·la preneur·euse de son et le·la réalisateur·trice imposent le silence.
Réal : « Moteur ! » Le·la preneur·euse démarre l’appareil et annonce « ça tourne ! ».
Optionnel : « Action ! ». Après 2-3 secondes de silence, le·la manipulateur·trice effectue l’action.
Attendre encore 2-3 secondes. Réal : « Coupez ! ». Lire le nom du fichier et le noter avec sa description.
Il est primordial d’enregistrer au moins 30 secondes de son seul, ou ambiance du lieu, dans les mêmes conditions que la scène : personne ne parle et aucune action volontaire n’est réalisée.
Cette ambiance pourra être utilisée au montage pour assurer les raccords entre les prises, remplir les silences et conserver une continuité sonore naturelle.
Si le bruit de fond est suffisamment stable, une portion de cet enregistrement pourra également servir de référence pour certains traitements de réduction du bruit.
Nettoyer.
Nommer. Exporter.
Nettoyage
Une fois la séance d’enregistrement terminée, vider la carte SD sur un serveur de l’école.
Nettoyer les fichiers sur Adobe Audition, en mode forme d’onde :
- Réajuster le niveau si nécessaire. Éviter de normaliser systématiquement tous les fichiers.
- Si un son est vraiment trop faible, on peut augmenter son gain en conservant une marge confortable avant 0 dBFS.
- Le réglage définitif du niveau sera effectué lors du montage et du mixage du projet.
- Supprimer les silences en début et en fin de son.
- Ajouter des petits fade in et out pour supprimer tout pop ou crack éventuel.
- Exporter au bon format et nommer sa piste selon la nomenclature.
Cette étape doit se faire rapidement et sans trop chercher la perfection. Les nettoyages et ajustements définitifs se feront au moment de monter ces sons pour un projet donné.
Nomenclature
Nommez vos fichiers selon cette nomenclature :
Nom_Name_Descriptif (texture / mode de jeu / émotion / etc.)_Date (JJMMAAAA)- Vérifier l’orthographe.
- Ne pas utiliser de numéros — « bruit de pas 1 », « bruit de pas 2 » — mais décrire plus précisément le son : « bruit de pas carrelage », « bottes sur sable dur »…
- Éviter les mots faibles et vagues : objet, bruit, plusieurs, fort, faible, court, long… Utiliser des termes plus précis, consulter un dictionnaire des synonymes si besoin.
Un nom de fichier peut être long si besoin. Renommer correctement facilite la recherche par mots clés, mais évite aussi de devoir écouter les sons un par un. Un nom parfait doit évoquer au mieux le son.
Format d’export : .wav · 48 000 Hz · 24 bits.